15 novembre 2009
Toune

Je viens de terminer, quasiment en larmes, un livre, pour toi, pour nous :
« La femme de l’Allemand » de Marie Sizun.
Je suis tombée dessus car il était exposé en évidence au centre culturel leclerc.
La lecture de la quatrième de couverture m’a tout de suite interpellée.
Il est question du rapport entre une mère et sa fille unique, ce que ça fait de grandir auprès d’une mère enfant, une mère fantasque, attachante mais aussi imprévisible. Il est question de ses excès en tout, de la folie, la vraie, celle qu’on a connu enfant et que nous connaissons encore trop bien : la psychose maniaco dépressive.
J’ai lu ce livre sans respirer, d’une traite.
Ces mots m’ont touchée là, en plein creux du ventre ; des mots justes et vrais, des mots que nous aurions pu écrire, si nous avions le talent de Marie Sizun.
Ils ont fait remonter plein de souvenirs, des phrases et réparties déjà entendues, la souffrance et l’angoisse qui voisinent avec les rires et les jeux.
La terreur de voir sa mère tout à coup étrangère, défigurée, méconnaissable, sa mère vociférant, gestes anarchiques.
"Et tu la regardais avec un étonnement presque
craintif, comme si, décidément, cette femme qui était ta mère était susceptible
de toutes les métamorphoses, comme si elle était quelqu'un d'enchanté, ou
d'enchanteur, comme si elle était un peu fée, ou un peu sorcière."
Ce livre t’attend car je sais qu’il va te parler très fort à toi aussi.
J’hésite pourtant car je sais aussi la souffrance
01 novembre 2009
A parisette
Sans énergie, sans grande motivation pour ordonner des mots, lasse, si lasse…
Je me suis laissée happer par la profonde inertie de ma sœur qui du fond de sa crise mélancolique aiguë, se laisse tranquillement couler depuis deux mois, faisant de nous des spectateurs impuissants de cette mort annoncée, même pas réellement souhaitée.
Depuis deux mois elle fait ce qu’on appelle une clinophilie résiste à quitter son lit, refuse de manger, vomit à la demande, s’amaigrit de jours en jours, se laisse tomber au sol quand elle est en position verticale.
Pâle, prostrée, son regard est tragique, ses traits décomposés.
Mélange de troubles psychiques et somatiques impossible à démêler, elle alterne l’hôpital psy et l’hôpital général en service de néphrologie, chacun se renvoyant la balle : C’est de votre ressort…non c’est du votre.
La longue position allongée lui a déclenché deux phlébites et deux embolies pulmonaires.
Son anorexie a conduit les néphrologues à la mettre sous dialyses sans qu’elle paraisse concernée par ce qui lui arrive, « objet absolu » entre les mains des médecins, elle n’interroge pas ce qui la tient ainsi du coté de la mort.
Elle s’autodétruit pour exister encore ?
Elle nous atteint aussi, ma sœur jumelle et moi, cibles choisies parce que nous sommes les plus proches, à son chevet depuis plus de dix ans.
Entre désespoir et colère, angoisse et désir que ça finisse, impuissance et révolte contre les psychiatres, ça me noue le ventre et le reste.
Nous essayons, ma sœur jumelle et moi, de nous soutenir l’une et l’autre, des heures au téléphone à ressasser le sujet après nos visites à l’hôpital.
Elle cannibalise nos vies, nos jours et nos nuits.
Mais impossible pour moi de laisser complètement tomber l’antidépresseur dont je voulais me sevrer, si je veux continuer à travailler. Impossible pour "ma jum" de réguler son foutu cœur doublement atteint, physiquement par la fatigue et affectivement.
Le service de néphrologie envisage sa sortie pour cette semaine.
Il n’y a aucune place dans une structure de soin…ou… personne ne veut se coltiner une pathologie aussi lourde.
L’HP qui est pourtant responsable de son état (atteinte rénale par défaut de surveillance d’un traitement au lithium) prétexte également un manque de place.
Elle risque de se retrouver chez elle alors qu’elle refuse toujours toute nourriture, ne tient pas debout, devra se faire dialyser trois fois par semaine et est totalement dépendante des autres.
Quels autres ?
05 septembre 2009
16 horsepower
02 septembre 2009
ma soeur et sa psychose, suite...
Apres ma phase musique
Je suis dans ma phase « sans »
Quasi sans lecture, sans écriture…
n’ai pas le goût de faire l’effort d’aligner des mots,
Des mots pour dire,
Ce qui nous fait parler pendant des heures au téléphone
Cette fièvre affolante à plus de quarante
Puis le lendemain
Ces trois longues heures où nous avons assisté ma sœur
Restée assise dans ce couloir, à se traîner sur les fesses,
Par défaut de pouvoir se relever,
De savoir si elle faisait un énième accès d’hystérie
Ou souffrait de véritables maux somatiques.
Par défaut de pouvoir démêler ce qu’il en est du psychisme et du physique
Quand les résultats sanguins ne sont pas bons
Et que la mélancolie, avec son cortège de douleurs
La fige au fond de son lit
Dont elle ne veut plus sortir.
Vomissements, incontinence,
Chutes, confusion, tremblements
Et ce regard égaré, éperdu nous appelant en silence.
Elle est hospitalisée.
Une fois de plus, nous nous sommes senties impuissantes
à la soulager,
à faire face à cette foutue maladie
Doublée sans doute d’une intoxication aux neuroleptiques chronique.
Et cette souffrance en fond que nous partageons parce que nous l’aimons
Avec en prime la culpabilité d’avoir été maltraitantes
23 août 2009
jack the ripper
Parce que je viens de les découvrir et que je suis définitivement conquise !
JACK THE RIPPER: Prayer in a tango (concert file7)
envoyé par lescausiens - Clip, interview et concert.
19 août 2009
On
n’aborde pas les sujets qui fâchent, mais on se re-parle :
Des
enfants, des chats, des vacances…
Je n’ai
pas voulu revenir sur ce qui nous avait opposé ma sœur aînée et moi.
Je ne
veux pas prendre le risque d’ébrécher le calme intérieur retrouvé d’autant que
demain, c’est la rentrée professionnelle et qu’il va me falloir de l’énergie
pour redémarrer.
L’homme est retourné au travail depuis deux jours.
J’ai donc
eu trois jours pour moi seule mais n’ai pas su réellement en profiter.
Différentes
tâches matérielles m’ont bien occupée hier avec grand nettoyage d’été, meubles
poussés pour aller voir derrière, avec la saleté qui s’y accumule, les
différents circuits électriques.
Le
compteur électrique continue de sauter régulièrement sans que l’électricien qui
nous a dépanné ait pu en déterminer la cause.
Un autre
artisan nous a longtemps laissé sans courrant pour nous inviter à tout refaire
l’électricité de la maison.
Vu le
coût d’une telle réfection on hésite et pourtant on n’aura pas le choix si la
panne n’est pas détectée.
Evidemment, comme toutes les veilles de reprises, j’ai
très mal dormi les nuits dernières.
J’ai
visité mentalement toutes les pièces de notre vieille maison, en essayant de retrouver dans ma
mémoire, une ancienne boite de dérivation cause peut être du souci électrique.
Ah le
charme de l’ancien !
On rêve
toujours de ce qu’on n’a pas.
Je rêve
toujours d’une maison neuve, claire, propre et fonctionnelle, sans poussière et fissures sur
les murs.
Et pourtant,
quand je visite d’autres maisons, je ne leur trouve aucun charme ou alors à un
prix impossible.
De toutes
façons, l’homme ne se laissera pas « déraciner » facilement de son
jardin.
Il accumule, entasse, collectionne les objets
inutiles qui encombrent toutes les pièces de la maison, comme pour retenir le
temps, ne pas effacer le passé, alors que j’ai la propension absolument inverse.
Sans
doute que le passé est plus lourd à porter chez moi que chez lui
J’aspire
toujours à être délestée de pas mal de bricoles.
10 août 2009
colère suite
Ma sœur aînée m’a envoyé un sms avant que
je parte en vacances pour me les souhaiter « bonnes ».
J’ai attendue d’être revenue pour lui
répondre.
Quelques mots pour apaiser les tensions,
pouvoir lui reparler.
Pour autant, on va être dans le factice et
le minimum obligatoire.
Je n’ai aucune conscience d’avoir un désir
de pouvoir et pourtant ç’est à son pouvoir à elle que je me suis heurtée, une
façon de me manipuler en tirant les ficelles du coté de l’affectif, de me
déposséder de la libre disposition de moi même.
Ca ressemble aux manipulations de mon père
qui est incapable de dire ou de demander clairement les choses qui tire lui
aussi sur toutes les cordes pour qu’on soit, encore et toujours, autour de lui,
mais n’a quasiment jamais rien donné en retour.
Il est de nouveau hospitalisé après avoir
été beaucoup dans la plainte à la maison de retraite.
Comme tous les étés, il ne supporte pas que
ses enfants s’éloignent de lui, partent en vacances, l’oublie un peu pour vivre
aussi leur vie.
Je suis allée le voir il y a deux jours.
Il ne m’a pas semblé en détresse sur le
plan physique. Evidemment, vu son age, il peut casser sa pipe d’un jour à
l’autre. Il a insisté pour que j’installe le téléphone dans sa chambre pour
pouvoir appeler son amie à la maison de retraite. Il était alors «
tout sourire » .Il a fait allusion à ma mère, comme quoi elle serait
heureuse pour lui, qu’il ait une amie de cœur.
Ca m’a déconcertée.
Maman était devenue très jalouse à la fin
de sa vie quand elle le voyait faire du charme aux autres femmes et il ne s’en
privait pas devant elle.
Qu’il ait encore le désir de plaire m’amuse
un peu.
Son besoin de paraître, de parader, de
présenter les choses à son avantage ne m’amuse pas du tout.
Je sais bien qu’au fond ça vient dire son
manque, son incertitude sur l’amour qu’on
lui porte, son angoisse de mourir seul.
On ne peut être aimé si on n’aime pas en
retour.
Je ne peux ni oublier ni effacer le passé.
Ses plaintes actuelles me ramènent à sa
plainte passée quand il était hospitalisé avec ma mère. Il mobilisait le corps
médical autour de lui, l’affolait avec des symptômes physiques plus ou moins
réels (hystériques).
Les médecins ont ainsi ignorés ma mère dont
le cœur était pourtant plus malade que le sien. Elle est morte peu de temps après.
Il m’a téléphoné hier dimanche.
Il ne m’appelle jamais d’ordinaire.
Je n’ai pu entendre cet appel que comme un
reproche qu’il m’adressait de le laisser sans visite un dimanche, d’avoir des
enfants qui ne prennent pas de ses nouvelles.
Ca a réveillé ma colère, contre lui, mais
aussi contre ma sœur aînée comme si je n’arrivais plus à les dissocier, qu’ils
étaient étroitement liés dans leur façon d’être, de penser, dans leur disposition
vis-à-vis de l’autre.
Finalement elle ne s’apaise pas cette colère.
Elle reste là en veilleuse, un rien ravive la braise.
Moi qui pensais qu’il était temps que je
dégage ma sœur jumelle de son rôle d’intermédiaire, ce n’est pas gagné.
J’ai peur de me mettre de nouveau à hurler
si je lui parle.
Merde ! Qu’est ce qui m’arrive ?
Le manque de tabac ?
09 août 2009
revenir encore

24 juillet 2009
partir encore

Je serais là ...ou à coté pour dix tous petits jours.
Ma colère envers ma sœur ainée est toujours là, tapie au fond de moi.
Un rien vient la réveiller, une réflexion, l'avis d'une infirmière psy qui voit les choses comme moi.
Dieu ! Mais d'où s'origine cette colère qui ne veut pas me lâcher? De son lien à mon père qu'elle défend envers et contre tout, sous prétexte qu'il est devenu un vieillard ?
Ma sœur N. était apaisée aujourd'hui, alors qu'il semble que c'était ma fête mardi dernier( je n'avais pas voulu la prendre en WE).Elle a eu une piqure de neuroleptique retard hier. Elle était donc calme et conciliante, prête à renter chez elle avec hôpital de jour, disposition qu'elle a toujours refusé jusqu'alors.
Allez.. .Comme tous les ans je vais m'occuper à mettre un pied devant l'autre, pester contre les dénivelés,chercher ma respiration, prendre plaisir à l'effort fourni, reléguer au loin si possible, ce qui m'envahit encore aujourd'hui coté famille ou coté travail :
Cette enfant qui me rappelle N, qui touche en moi quelque chose de sensible, une demande éperdue d'être aimée,qu'on ne la laisse pas tomber.
Je lui ai promis, je vais revenir très vite...
14 juillet 2009
L’Art d’apaiser la colère…
“Qu'est-ce
que la guerre, ce fléau qui surpasse tous les fléaux ? l'explosion de
la colère des grands. Et ces colères plébéiennes et privées, que
sont-elles encore qu'une guerre sans armes et sans soldats ? Mais il y
a plus : même en la séparant de sa suite immédiate, inévitable, des
embûches, des éternels soucis qu'enfantent des luttes mutuelles, la
colère se punit elle-même quand elle se venge. Elle étouffe cette voix
de la nature qui dit à l'homme : fais le bien, aime ton semblable. Elle
répond : je veux haïr, je veux faire le mal. Ajoutez que la colère,
c'est-à-dire le soulèvement d'un excessif amour-propre, noble en
apparence, ce n'est au fond que le plus bas, le plus étroit des
sentiments. Qui que tu sois, qui te juges méprisé d'un autre, tu te
reconnais inférieur à lui. Un grand coeur, sûr de ce qu'il vaut, ne se
venge pas, car il ne se sent pas l'injure.”
Sénèque
