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05 août 2017

YOM-Le Silence de l'Exode "Nomade"

Bonjour Marie Anne ,

 

Bon , c’est décidé , je ne viendrai plus te voir .

 

D’abord j’ai le moral dans les chaussettes quand je te quitte  et les jours qui suivent (et c’est peu de le symboliser comme ça)

Quand je me sépare de toi  , je me sépare aussi un peu de « ma jumelle » : je pense en effet depuis longtemps que nous avons eu besoin l’une et l’autre de nous jumeler pour nous séparer de notre sœur jumelle respective .

Une jumelle bien différente de moi avec un tas de qualités que je n’ai pas et surtout des talents, une créativité, une énergie qui te pousse à investir ici et là , à t’affirmer face aux autres.

Si tu savais Marie Anne comme je t’admire, comme je t’aime, mais aussi comme je te déteste de me renvoyer malgré toi, à mes incompétences, à ma soumission. (C’est trop drôle, j’ai adhéré au mouvement des insoumis.)

Dominique porte également sur toi un regard de plus en plus admiratif (tu sais qu’il a toujours été secrètement amoureux de toi ) un peu comme celui qu’il porte sur Claire qui comme toi est une battante et créative.

Soumission : Dominique dirige ma vie et refuse que je puisse avoir des velléités de faire des choses sans lui, comme d’aller à Paris voir Thomas avec mon amie Pascale, d’aller seule voir Claire ou de venir te voir sans lui. Je me heurte à son regard désapprobateur, à sa  revendication autoritaire de venir avec moi :

« Moi aussi ça m’intéresse, je veux y aller 

Ne compte pas sur moi pour m’occuper de ton chat »

Je courbe l’échine et suis dans l’incapacité de m’affronter à lui.

  Depuis 2 ans j’ai des velléités de vivre seule, cherche un appartement mais suis dans l’incapacité de franchir le pas.

J’en suis venue à me dire que je ne suis peut être pas capable de vivre et de vieillir seule, et sans doute trop déprimée pour mobiliser l’énergie qui serait nécessaire pour organiser un départ.,

Quand je marchais avec toi le long de la plage je te voyais souffrir de ta fichue maladie à  la con et ça me faisait mal. On parlait du cancer, et dans mon film intérieur je me disais que je cultivais le mien (en fumant toujours et en buvant trop) au point de me persuadée que je l’avais déjà et que ce n’était que justice.

là c’est l’accès d’angoisse garantie…

Quand j’étais petite, j’étais intérieurement persuadée que j’avais une maladie grave qui ne se voyait pas genre leucémie, et que donc j’étais moi aussi gravement malade comme Chantale…(mélange de culpabilité et du besoin d’attirer l’attention de l’autre sur mon existence)

 

Je ne sais pas pourquoi je t’écris tout ça.

C’est décousu, dans le désordre : reflet de mon désordre intérieur.

Marie Anne je t’aime et je te jalouse : revers d’une forte amitié, et du désir d’être à la fois l’une et l’autre.

Une fois encore, je te recommande les livres de Eléna Ferrante « l’amie prodigieuse » et la suite …qui fait écho à plein de choses en moi sur le plan de l’amitié mais aussi sur la difficulté à changer de milieu social.

Nous avons été très silencieux sur la route du retour comme la plus part du temps quand nous roulons  mais aussi désormais quand nous sommes que tous les deux.

Nous avons écouté deux disques. l’un de Yann Tiersen :

  son dernier disque seul au piano

https://www.youtube.com/watch?v=VoE04a1RHwk

 

l’autre de Yom : « le silence de l’exode 

https://www.youtube.com/watch?v=22DgqNtWuxs

 

C’était bien, nous n’avons pas vu la route se faire…

 

Voilà je viens de recevoir ton message sur mon téléphone

Plein d’oublis évidemment...

Regarde comme je perds mes mots, je ne sais plus écrire, trouver le mot adequat

 

J’aurais encore tant de choses à te dire…

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25 février 2017

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Ginette, « la  blonde » comme disait Maman, Ninette comme je t’appelais, tu es née en quatrième position, coincée entre ton frére Jacky l’intrépide et deux  jumelles, très accaparantes
Tu avais peut être la Mauvaise place dans la fratrie  , mais Tu avais pour toi -ou contre toi -une beauté radieuse et éclatante, elfe blond au regard d’un bleu lumineux. Originale et déjà si différente de nous tous, tes frères et soeurs, tu avais surtout « une voix d’or ».
Sans le savoir, tu es venue répondre au désir le plus fou de Maman, d’être enfin, aimée  valorisée par une belle enfant, beau cadeau  à montrer à sa propre mère.
_ « Regarde maman comme Ma petite Ginette est belle, comme elle te ressemble, comme elle chante bien ! »
Tu as eu pour fonction de réussir là où Maman pensait avoir  échoué : séduire sa mère, te faire aimer d'elle..


Déjà tout bébé tu donnais de la voix, au point que Papa secouait ton berceau pour te faire taire.
Plus tard, tu as compris que cette voix pouvait ravir, captiver, réjouir. Tu ne t’es pas vraiment fait prier pour la faire entendre. L’ecole , ce n’était pas vraiment ton truc.
Alors que Tu n’étais âgée que de 9 ans ;Maman te faisait monter sur scène ,te faisait participer à des radios crochet …Tu as obtenu des premiers prix, chanté dans des casinos, enregistré des disques, rencontré des gens connus ou  importants,  l’œil et l’oreille intéressés mais aussi mal intentionnés…
Elle était si fière Maman, si heureuse de t’entendre chanter.

 Pour que tu sois « la plus belle »  elle t’achetait de jolies robes que ma soeur jumelle et moi jalousions secrètement,
Ninette m’a dit _« tu sais ma soeur, je n’aimais pas tellement ça chanter…Je voulais rendre maman heureuse. Je ne pouvais pas lui dire non »
De neuf ans à seize ans, tu as accepté d’occuper cette place d’objet précieux, en effaçant ton propre désir.
Ainsi, cette fameuse année 1965, à l’age de 16 ans , peut être n’as tu pas eu d’autre choix, pour te libérer, que celui de t’évader dans la folie :
« Une cage s’ouvrait, une autre allait se refermer » avec un verdict impitoyable : Psychose maniaco-dépressive

Je n’ai pas compris ce qui t’arrivait quand je t’écoutais la nuit, alors que nous partagions la même chambre ; Tu parlais à haute voix, tu parlais à dieu , me décrivais des images que moi je ne voyais pas. Tu disais des mots que tu entendais que je n’entendais pas.

Muette de terreur, tu t’enfermais à double tour pour échapper aux regards des autres; tu te désespérais au point de vouloir en mourir. Dans le même temps tu riais  et chantais à gorge déployée


Ma Ninette., tu t’es éloignée de nous, échappée dans un monde qu’on ne pouvait plus beaucoup partager.


je me suis beaucoup rapprochée de toi ces dernières années.. j’ai essayé de trouver le sens de ce qui t’était arrivé , sans l’avoir trouvé.

je pense que tu ignores tout ce que tu m’as donné, tout ce que tu m’as appris et ce « tout » n’est guère communicable.

Depuis quelques années, grâce à la bienveillance du personnel du service des dialyses et aussi des personnes qui t’entouraient à la résidence , tu étais moins tourmentée.

Ainsi, malgré ton « foutu caractère » comme tu disais, tu laisses de toi l’image d’une personne qui aimait rire et faire rire. Généreuse, tu aimais faire des cadeaux à ceux que tu aimais, acceptait de chanter pour les autres

.Est une coïncidence ? Tu pars pour ce grand voyage au delà des étoiles au même âge , 67 ans, et à la date anniversaire du décès de nôtre grand mère maternelle, celle  à qui tu ressemblais tant . Allez part tranquille ma belle tu n’as plus de compte à régler avec elle.

 Ma Ninette, tu nous disais souvent « je vous aime mes sœurs, j’aime mes frères et toute ma famille »

Moi aussi ma Ninette je t’aimais, nous t’aimions tous.

Au revoir ma belle, ma toute belle

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01 octobre 2014

par amour de Dieu

Bon, ça c’est fait.

Ma belle mère est morte et enterrée.

Quatre-vingt douze printemps, la mémoire qui foutait le camp, « une bien belle personne » ils ont dit.

je n’ai pas pleuré.

De toutes façons depuis la mort de Toune je n’ai plus de larmes.

Je ne lui voulais pas de mal mais n’était pas très proche de cette femme qui exprimait si peu ou si mal son affection ou son empathie vis à vis de l’autre

Elle a réussi l’exploit de brouiller un de ses deux  fils avec son père, tenir à distance toute la famille de son mari, refuser de reconnaître et de rencontrer son unique  arrière petite fille pour la raison qu’elle était née hors mariage « c’est péché »

Ses valeurs chrétiennes étaient proches des valeurs intégristes

Son amour pour Dieu et l’obéissance à des préceptes datant du début du siècle étaient plus forts que l’amour pour sa famille.

Je suis persuadée qu’elle en a souffert.

Elle était cependant dans l’incapacité de faire un pas vers l’autre par crainte de s’abaisser.

Punaise ! quelles conneries  on peut faire au nom de Dieu quel qu’il soit.

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01 août 2014

psychodrame : deplacement d'une scene sur une autre scene

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Comment est ce qu’on en arrive à ce qu’un conflit géopolitique très éloigné de nous se déplace insidieusement sur la scène maritale.

Rien ne va plus entre mon mari et moi dans notre perception de la crise Ukrainienne.

Il nous est désormais impossible d’aborder le sujet sans que le ton monte chez moi, dans une tentative de me faire entendre, face à l’ironie voire le mépris dont mes arguments sont l’objet.

Le problème est que ça m’atteint bien plus que ce que je voudrais.

En tant que fidèle lecteur du monde depuis plus de quarante ans, son opinion à lui ,face à la Russie et  à Poutine est établie depuis longtemps et il ne veut pas entendre  ou lire une information contraire à celle « du monde »ou à celle véhiculée par nos medias . Rien ne doit venir ébranler ses convictions que Poutine C’est « le mal « et Obama « le bien»

J’ai beau lui dire que ces deux là jouent dans le même cours et se font la guerre sur le dos des ukrainiens qui s’entretuent, que la propagande est aussi importante d’un coté que de l’autre, que nos médias nous cachent beaucoup de choses et mentent par omission…

Il est inébranlable.

.Qu’est ce qui nous arrive ?

Le retraite conduit elle inéluctablement à la rupture des couples ?

 Qu’est ce qui a changé ?

Le temps libre dont je dispose désormais me permet de chercher des informations par moi même, en particulier  via internet, sans en passer par le « pré digéré de mon mari ». Ce dont je me contentais comme beaucoup de femmes jusqu’alors, trop occupée à gérer le quotidien, l’intendance, les enfants, le boulot etc

J’ai depuis largement délaissé la télévision et les journaux papier au profit des journaux en ligne et sites alternatifs.

De lien en lien en passant par les économistes atterrés, le monde diplomatique, arrêt sur image  je suis devenue assidue du blog « les crises » de O Berruyer depuis plus d’un an.

Poutine est un individu dont je ne pensais pas beaucoup de bien  il y a seulement six mois
Si Le journal le Monde prétend que Poutine  a réussi à unir l’UE contre lui, l’UE et ses médias peuvent se féliciter de m’avoir rendu ce type bien plus sympathique qu’il ne le mérite sans doute.

le problème est de ne pas être confondue avec un militant du Front National, parti que j’exècre au plus haut point.

Que mon mari puisse seulement penser que je penche vers ce parti révèle une méconnaissance de mes valeurs terrible

 

il est difficile de faire entendre une voix quand elle est recouverte par celles de la majorité .

Est-il possible d’avoir raison contre tous ? et contre lui (mon mari) ?

 

Dans tout ça, il est question d’autonomie, de différenciation, de pensée libre et indépendante ici chez moi,

de souveraineté , de refus de céder aux diktats économiques, de résister au fascisme la bas .

Mon couple va t-il lui y résister ?

 

 

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07 avril 2014

l'écriture et la vie

 

Me revoilà devant ce clavier alors que je pensais que je n’aurais plus ni le  gout ni le courage de m’y remettre.

Un petit livre de Laurence Tardieu, « l’écriture et le vie » m’a donné un coup de pouce pour  revenir sur ces pages.

Il y a 18 mois, en me retrouvant avec tous ce temps libre devant moi,(vive la retraite) l’urgence était de restaurer la maison, tant que j’avais encore l’énergie pour le faire.

Notre vieille bâtisse a retrouvé un sacré coup de jeune et moi, quelques rides en plus et quelques kilos en moins .Reboucher des fissures  enduire les murs avec un enduit de chaux, enduire les plafonds, les peindre une fois, deux fois, trois fois .Retirer les moquettes, retrouver le vieux parquet, le poncer, le cirer. Vider les meubles, les déplacer, les remplir.

Voilà ça c’est fait.

Dans une vieille maison comme la notre il y a encore beaucoup à faire comme de trier le grenier encombré de tous ces objets déposés là faute sur le moment de savoir quoi en faire , quoi jeter : on sait jamais ça peut servir…

J’ai retrouvé ainsi des vieux livres poussiéreux et oubliés, me dis que c’est le moment de les relire : Doris Lessing ; Tolstoï, Dostoïevski etc mais n’ai pas encore pris le temps de même les feuilleter.

je me suis trouvée comme happée par l’actualité européenne avec ce qui se passe en Ukraine, avec en fond l’angoisse d’une guerre et le sentiment que ceux qui décident y trouveraient quelques intérêts .

Sans que j’en comprenne encore la raison, une partie de moi ne peut accepter le tableau que nous  présente tous les  médias français de la situation.

Sans nuance aucune, nous avons droit  au méchant Poutine qui annexe par la force (de la présence militaire) un pays en toute illégalité ; j’ai vu aussi ce peuple de Crimée se réjouir et ai la conviction que l’Europe et nous avec, allons dans le mur.

Un blog économique qui m’a beaucoup appris sur la situation en Ukraine :

 

http://www.les-crises.fr/

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suite de l'histoire

 

1926

Je n’ai jamais su pour quelles raisons, Albert,  sans disparaître totalement du paysage, ne s’est pas installé ni vécu avec Odile. Pourquoi n’a t-il pas pu reconnaître cette enfant qui pourtant, ma dit ma tante avant de mourir, lui ressemblait beaucoup.

Je regarde les photos de ma mère enfant, la compare à l’unique photo qui a été conservée de lui  Qui  a t-il de semblable entre cet homme et ma mère ?

Des vagues traits indous ?

Il venait, nous a t’on dit, de Pondichéry cet ancien comptoir français en inde, et travaillait dans le négoce.

Comment peut –on naitre à Pondichéry, être  d’origine arménienne tout en portant un nom qui n’a rien d’arménien et ressemble plus à un nom juif ou arabe : Aharon Nissim.

Je n’y comprends rien à cette histoire et sur ce coup là, google ne m’a été d’aucune aide.

Qu’est devenu cet homme et quelle a été son histoire ?

Ma tante (demi sœur de ma mère) m’a écrit l’a voir rencontré quand elle était enfant et qu’elle se souvenait de lui. Il continuait donc à rendre visite à  ma mère et à ma grand mère alors qu’elle s’était mariée pour la deuxième fois et avait quatre enfants

Odile, jeune mère célibataire de vingt ans, fait en effet de nouvelles rencontres

Un autre homme, d’origine juive  vient souvent la voir

 Il n'est pas très jeune, paraitra  même très vieux à Geneviève, la fille  de Odile..

Il vient lui aussi d’un pays lointain et a un drôle de nom qui évoque un pays nordique : Kopenhague : pays où avaient vécus sa famille dans le passé

Odile est enceinte pour la seconde fois

En même temps qu'un petit frère R. ce vieux monsieur, lors de son mariage avec Odile, fait cadeau d'un nom paternel à Geneviève, en acceptant de la reconnaître comme  fille.

Ma mère nous a dit avoir  beaucoup aimé cet homme , tendre et généreux. Il venait d’une famille aisée et faisait beaucoup de cadeaux à Odile dont il était follement amoureux

la famille s’installe dans un beau quartier parisien

C'est une vie de rêve : des belles robes, des  poupées de porcelaine, des balades en fiacre dans les avenues de Paris avec une très jolie maman et un gentil vieux papa.

1929 : crise boursière. Beaucoup de gentils monsieurs vont brutalement perdre leur fortune.

 

 

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27 octobre 2013

pavé dans la mare

Qu’est ce qui me prend de lancer de tels pavés dans la mare ?’

Qu’est ce qui me prend d’ouvrir en grand les placards et d’en retirer ce qui y était précieusement et silencieusement caché.

Le besoin de dire et d’exposer au regard de tous ,le fameux secret, dire les Noms , dire que le droit de cuissage dans les fameuses familles « nobles » existait encore en 1952 .

Aujourd'hui les principaux acteurs sont morts , plus rien ne peut venir me péter au visage

Ma façon d’affirmer que j’existe dans cette histoire là, m’auto- reconnaître puis que je ne l’ai pas été.

Depuis le décès de Toune, j’ai le sentiment d’être en sursis , de prendre du « rab »mais que ça ne va pas durer.

J’ai fait le choix de demander mon départ en retraite même si je n’avais pas toutes mes annuités et subit donc cette fameuse décote qui écorne sacrément la rente mensuelle.  

J’ai été de toutes les manifs contre cette réforme dont l’objectif était bien de réduire les pensions

J’ai affirmé que je voulais laisser ma place aux jeunes (ce que je pense réellement) mais je ne supportais surtout plus d’endosser mon rôle social , faire semblant d’aller bien et d’être encore disponible pour les autres

 

Depuis, je m’active tant et plus dans la maison qui s’est agrandie et se transforme petit à petit en une nouvelle maison.

 

là aussi, le sentiment d’urgence m’assaille comme si le temps m’était compté, que bientôt je ne pourrais plus monter et descendre de mon escabeau pour repeindre les plafonds, enduire les murs à la chaux.

La fin de Toune est venue donner une limite à ma propre existence.

Très régulièrement le manque de sa présence m’envahis et me met à terre.

Punaise, il a fallu qu’elle me quitte pour que je prenne conscience de la force de ce lien gémellaire .

Pour moi, pour elle , j’écris, je crie que nous sommes les filles DE…

 

 

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chateau de grillemont aquarelle

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Aquarelle signée par M.C. Vaujour, donnée à ma mère par Mr le Fer de La Gervinais, seule trace concrète de la  relation qui a présidé à notre conception .

Derrière l'aquarelle , il est écrit à la plume : Château de La Gervinais Grillemnont

 

Après la mort de ma soeur jumelle et en sa mémoire, (elle voulait tant savoir à qui elle ressemblait) je suis allée sur les traces de notre père biologique  entre aperçu et désigné comme tel par ma mère, il y a plus de cinquante ans.

Le château existe bel et bien . Une de ses filles y  habitait encore en 2011, agée  du même âge que celui qu’aurait eu notre mère si elle vivait encore.

En rencontrant cette dame et en entendant ses dénégations à propos de son père, j’ai été prise d’un doute concernant la véracité de ce nous avait dit ma mère.

Je crois aujourd’hui que notre mère ne nous a pas  menti et n’ affabulait  pas.

Effectivement, ce châtelain ruiné, produisait du lait et des légumes qu’il vendait aux alentours de Lanvallay .

Pas plus que Toune  je n’ai pu voir un portrait de ce Monsieur le fer de la Gervinais et savoir si Elle lui ressemblait.

S’il est vrai que ma mère était très naïve et pouvait être crédule je n’ai jamais eu de son vivant le sentiment qu’elle nous mentait.

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lettre à Mme A. née LE FER DE LA GERVINAIS

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 CHATEAU de GRILLEMONT

                                             Madame

 

 

 

La mort d’un parent très proche vient réinterroger nos origines et le besoin de retrouver les traces d’une réalité historique avec lequel nous nous sommes construits.

Ma sœur jumelle et moi avons grandis avec un secret que nous avons protégé prudemment jusqu’ à la vieillesse de nos parents. C’est la raison pour laquelle nous ne vous n’avons pas cherché à vous rencontrer plus tôt

 

Étant donné qu’il m’a été impossible d’échanger avec vous sans que vous vous sentiez immédiatement agressée, et deveniez menaçante, je me permets de vous contrarier à nouveau en vous écrivant cette histoire qui est aussi un peu la votre.

 

. Je le dois à ma sœur jumelle décédée le 26 avril 2011, suite à une deuxième opération à cœur ouvert pour malformation cardiaque.

 

Nous sommes nées le 22 avril 1952,à l’hôpital de Dinan, jumelles prématurées, conçues sans doute en Aout 1951, d’une relation entre votre père Monsieur Le Fer de la Gervinais et ma mère Madame Ginette G.née Kopenhague

Nos parents légitimes habitaient à l’époque au 12 rue de Général de Gaule à Dinan.

Le père qui m’a reconnue comme fille travaillait comme employé SNCF à la gare de Dinan et était souvent en déplacement à Paris.

Votre père, noble ruiné nous a indiqué notre mère, venait livrer du lait et autres produits de la ferme aux familles proches de Lanvallay.

Ma mère, déjà mère de quatre enfants a ainsi rencontré votre père quand il venait lui vendre du lait

Ma mère était une jeune et très belle femme, proche sans doute de votre âge à l’époque: 26 ans.

Suite à une rencontre fortuite, avec vous ou votre sœur, devant la devanture d’un magasin de chaussures à Dinan, ma mère nous a révélé le secret de notre filiation paternelle. Nous avions l’âge de 7 ou 8 ans.

Ma mère vous a désigné, en nous dévoilant que vous étiez notre demi sœur et fille comme nous de Monsieur Le Fer De la Gervinais

Difficile de croire à une telle révélation à cet âge. Notre mère nous a parlé des circonstances de notre conception, justifiant l’adultère par la gentillesse de votre père qui l’a séduite et lui donnait du lait gratuitement pour nourrir ses enfants

Par la suite Nous sommes régulièrement allées à la messe dans une chapelle de la caserne militaire Beaumanoir, parce que votre père s’y rendait et que nous pouvions le voir entouré de votre famille..

Je me souviens d’un homme très âgé, élégant, avec bottes et pantalons de cheval beige.

Il nous avait offert un petit vêtement de laine après notre naissance que nous portons sur une photo. Il avait également donné à ma mère, une aquarelle représentant le château de Grillemont

Pendant un certain temps, votre père a continué à livrer du lait et est venu voir ma mère dans la cité HLM de rue Beaumanoir où nous avions déménagé après notre naissance.

Ma sœur ainée se souvient avoir joué dans le parc de château de Grillemont et l’avoir vu quand il venait, rue du général de Gaule. Elle avait cinq ans et demi.

Une grande amie de ma mère, toujours vivante, nous a également affirmé qu’elle était dans la confidence, et savait que l’homme qui venait voir ma mère dans la cité HLM, était un châtelain du nom De la Gervinais.

Nous sommes également allées avec ma mère à son enterrement et sur sa tombe en 1963 je crois.

 

Il vous plait sans doute de croire que ma mère nous a raconté des histoires ou des « conneries » comme vous me l’avez dit.

Peu importe que vous me croyez ou non, je sais que ma mère nous a dit la vérité, même si cette vérité heurte l’image que vous avez du couple de vos parents et est difficilement entendable par vous.

Ma mère n’avait aucune raison d’inventer une histoire pareille et n’a jamais chercher à importuner votre famille ou votre père C’est une histoire banale de nos jours mais je peux comprendre qu’elle soit dérangeante pour vous

La démarche de ma sœur jumelle Chantal, il y a 5ou 6 ans, de venir vous voir était en lien avec son questionnement et son désir de savoir à qui elle ressemblait.

J’ai eu personnellement la chance de beaucoup ressembler à ma mère, alors que ma sœur jumelle ne me ressemblait pas, ni à aucun autre d’entre nous. (Nous sommes des jumelles hétérozygotes)

Elle souhaitait seulement avoir une photo de votre père.

Vous l’avez jetée, comme vous avez jeté son fils unique, il y a presque un an, quand il venu, en mémoire de sa mère décédée, faire cette même démarche.

Avec beaucoup d’ « amabilité » vous m’avez à moi même lancé « que c’était très bien, qu’elle n’avait plus de soucis puisse qu’elle était morte »

 

Comme beaucoup de jumeaux nous étions ma sœur et moi très proches, tant sur le plan affectif que par ce secret sur nos origines. La question de ma sœur et sa quête sur nos origines est devenue la mienne.

 

Peut être allez vous jeter cette missive sans même prendre le temps de la lire.

Dans ce cas, cette dernière tentative d’avoir une photo de notre  père biologique restera vaine.

 

lettre restée sans réponse à ce jour

                                            

 

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16 octobre 2013

le debut de l'histoire

 

 

 

L'histoire commence par une naissance : celle d'une petite fille prénommée Odile ..

Née au début du siècle dans une ferme de la campagne normande, entourée de quatre frères et d’une sœur,
elle grandit au milieu des champs, pendant que la guerre (la première) se déroule loin d'elle.
Elle était très belle dit la légende familiale. Du moins, elle le croyait suffisamment pour avoir l'ambition de "monter" à Paris à 17 ans faire carrière .Elle cherche l’ascension sociale et aspire à mener une « vie bourgeoise ».

Apres guerre, le cinéma connait un nouvel plein essor.

Pourquoi ne pas tenter sa chance ?

On lui avait parlé d'un rôle  dans un film sur Adam et Eve, ses longs cheveux pouvant cacher sa nudité.
Bref, elle est sans doute  tombée sur des beaux chanteurs comme il en existe encore aujourd'hui qui font  croire aux filles crédules et naïves  qu'on leur offre la gloire sans rien demander en retour.
A défaut de tourner dans un film, elle fait des rencontres : des hommes, charmés par cette belle fille entrepreneuse.

Elle apprend vite et sait rapidement les choisir.

Elle est née pauvre et ne veut absolument pas le rester.
D'une de ces rencontres, avec un Arménien nous a t-on dit
une petite fille : Geneviève   (ma mere) verra le jour.
Odile. a 19 ans .
De ce père, la petite fille connait le nom évocateur de contrée lointaine et exotique pour une petite fille élevée à Paris : Albert Aharon Aharon Nissim
Odile  a dit à sa fille  qu'il était beau, gentil  et cultivé et parlait sept langues. Il travaillait dans l'import export et venait  voir sa fille quand il était à Paris.
Il subviendra financièrement à ses besoins mais ne la reconnaitra pas .
Nous sommes en 1925 ...

 

 

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