Longue promenade au cimetière, après mes B.A. rituelles  du samedi après midi.

Visite à ma sœur, me jouant la grande scène de l’asthmatique au bord de défaillir,

Petite visite à mon père dans sa maison de retraite qui lui aussi était dans la plainte et avait, comme par hasard, lui aussi du mal à respirer.

Quand je lui ai dit que j’allais au cimetière il se sentait déjà mieux et voulait m’accompagner. Je lui ai conseillé de rester au chaud.

Apres avoir déposé mes fleurs sur la tombe de ma mère, j’ai eu le goût de laisser mes pas me guider.

J’avais dans la tête de retrouver la tombe de ma grand-mère.

Je ne sais pas comment je me suis débrouillée, je ne l’ai pas retrouvée.

L’air était d’une grande douceur, le cimetière abondamment fleuri, ma balade entre les tombes m’a conduite devant une tombe toute simple : quelques bouquets posés sur la terre.

Le nom gravé sur la croix m’était bien connu.

-Déjà 4 ans !

Je revisualisais cet homme discret, à peine plus âgé que moi, que j’avais croisé à maintes reprises quand il travaillait encore dans le service des adoptions. Je l’avais effacé de ma mémoire. Pourtant je croise sa femme de temps en temps, assistante sociale, comme lui ;

Que reste t-il de l’autre quand il est parti ?

Qu’est ce que j’ai gardé de lui ?

 

J’ai poursuivi ma balade entre les tombes attirée par une touche de couleurs vives : Des fleurs odorantes à profusion, des magnifiques gerbes qui recouvraient une tombe fraîchement creusée. Une femme : Une autre mère, j’ai pensé.

Elles sont beaucoup plus fleuries que les hommes.

Plus loin, deux hommes encore jeunes, nettoyaient une tombe de marbre noir, la faisaient briller de leur chiffon. J’ai croisé de loin leurs regards graves. Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé qu’ils s’aimaient ces deux là, je n’ai pas osé m’approcher plus.

J’ai pris mon temps tranquillement pour me diriger vers la sortie.

J’aime désormais la quiétude des cimetières : Est-ce ça vieillir ?

Se sentir en communauté avec ceux qu’on croise, en paix avec les « six pieds sous terre »dont on se rapproche inexorablement.

 

Ce n’est pas tout ça ;

L’homme souhaite vivre  un vrai Week- End, à distance de mes promenades macabres, de mes obligations familiales et amicales.

Et il a raison bien sûr.

Un petit tour du coté de Lesconil ?

Mon agenda me l’autorise autour du 20.