Qu’est ce que j’ai à dire au fond ?

 Qu’est-ce qui me pousse à me remettre devant cet écran ?

Un désir de retenir le passé, laisser une trace d’une vie, somme toute, banale sans rien de bien signifiant.

A mesure que je vieillis, que je lis ici et là, je réalise que cette histoire qui m’a construite, qui m’a poussée à entreprendre « un travail sur moi » (comme on dit dans le milieu psy), n’était ni plus douloureuse ni plus honteuse que celle de bien d’autres.

Et pourtant, la flétrissure dont je me suis crue souillée m’a empêchée pendant des années de parler de cette histoire, parler de la folie, d’illégitimité.

Usurpation d’un Nom avec comme conséquence le sentiment d’usurper aussi un titre professionnel pourtant bel et bien acquis par mon travail.

Ma vie est habitée, pleine, trop pleine, de l’histoire tumultueuse de ceux qui m’ont précédée.

Ma propre vie est plate comme un longue étendue herbeuse et déserte.

Je l’ai voulue sans aspérité, ni accident, paisible et  stable pour rester debout.

Je n’ai jamais eu le pied marin, une question d’oreille interne dit-on.

Je continue bien laborieusement, de tenter d’arracher les mauvaises herbes.

Elles sont évidemment trop bien enracinées pour ne pas repousser.

Encore trop souvent, elles se font irritantes, urtiquantes, troublent mes nuits, mes jours.


Je crois avoir oublié de vivre.



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