J’aimerai retenir le temps…

C’est fou comme il file vite quand les journées se déploient tranquillement, ne sont pas programmées, orchestrées.

Déjà le compte à rebours a commencé ; J. moins trois!

C’est si peu.

Je redoute cette rentrée ;

J’ai eu la désagréable Surprise de constater qu’elle squattait déjà  mes nuits.

Merde !

Je voudrais retourner dans les sentiers  des écrins si douloureux à gravir mais si généreux et talentueux pour apaiser mes nuits.

 

Après une nouvelle couche de peinture sur la terrasse (si vous suivez vous savez que la pluie m’a prise en traite) je suis allée porter main forte à mon amie P..  Arrêtée et paralysée par une dépression asthénique, elle est comme enterrée vivante dans sa maison sombre  et négligée depuis si longtemps. Au retour du Québec (son pays d’origine) elle a refusé une nouvelle hospitalisation car craint de ne plus jamais vouloir ou pouvoir sortir du cocon hospitalier.

Parce qu’il  faut bien démarrer par un bout, j’ai entrepris de l’aider à vider une sorte de hangar ou étaient stoker un foutu « bric à broc » d’objets, oeuvres artistiques en puissance,  restés en  l’état de projets, G. son mari étant parti trop vite.

Accepter de jeter ou de donner c’est aussi commencer à se séparer de l’autre, faire le tri entre  ce qu’on veut garder de l’autre ou pas.

Elle a le désir de tout jeter, ne rien garder.

Elle semble vouloir  se délester de tout ce qui la rattache à lui mais aussi de tout ce qui la relie aux autres, ne plus exister pour personne ; Elle met en acte le désir que j’ai parfois d’hiberner sous ma couette.

Et pourtant, elle vient de m’appeler pour me dire qu’elle se sent mal, se sent impuissante à agir, impuissante à prendre des décisions, rumine autour de l’idée de rentrer en clinique.

Je ne me sens pas en capacité de l’aider et de lui donner plus. J’assiste déjà ma sœur toutes les semaines et c’est déjà beaucoup Je lui ai rappelé que je venais demain, après avoir donné un peu de temps à ma sœur justement.

Et puis, j’ ai le désir de profiter que l’homme soit retourné au travail pour musarder devant la toile…