Toune j’ai repris le travail
J’essaie de garder la face,
 Je me maquille le matin soigneusement comme pour cacher
les traces de ton absence sur mon visage
Je dis que ça va…
Je dis que ça va
Mais je ne peux retenir les mots
Je parle de toi, de ta beauté, de ta gaité, de ta chaleur,
De toutes ces qualités dont tu n’avais pas conscience
Je dis  la confiance que tu avais dans ces  mandarins de pacotille,
Je dis ma colère qui m’aide à supporter la souffrance.
Tu vois ma psy ne suffit pas à éponger les mots qui se répandent
D’ailleurs je suis aussi en colère contre elle,
Parce qu’elle baille, semble fatiguée ou s’ennuyer,
Un peu comme Maman, tu te rappelles ?
Quand on voulait lui parler et qu’elle n’était jamais disponible
J’ai invité ton homme à manger à la maison
Je n’ai pas ton talent de cuisinière mais il s’en accommode
Lui aussi a besoin de parler de toi
Je vois son regard perdu sans toi, les larmes qui perlent
On essaye de parler d’autres choses comme de DSK,
En voilà un sujet distrayant,
Mais on en revient à toi,
Et on pleure ensemble
Comme dans sa voiture après qu’ils nous aient  annoncé
Qu’ils allaient arrêter l’assistance
Nous n’avions plus de mots, ni l’un ni l’autre,
que des larmes et des reniflements qui brisaient le silence.