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 CHATEAU de GRILLEMONT

                                             Madame

 

 

 

La mort d’un parent très proche vient réinterroger nos origines et le besoin de retrouver les traces d’une réalité historique avec lequel nous nous sommes construits.

Ma sœur jumelle et moi avons grandis avec un secret que nous avons protégé prudemment jusqu’ à la vieillesse de nos parents. C’est la raison pour laquelle nous ne vous n’avons pas cherché à vous rencontrer plus tôt

 

Étant donné qu’il m’a été impossible d’échanger avec vous sans que vous vous sentiez immédiatement agressée, et deveniez menaçante, je me permets de vous contrarier à nouveau en vous écrivant cette histoire qui est aussi un peu la votre.

 

. Je le dois à ma sœur jumelle décédée le 26 avril 2011, suite à une deuxième opération à cœur ouvert pour malformation cardiaque.

 

Nous sommes nées le 22 avril 1952,à l’hôpital de Dinan, jumelles prématurées, conçues sans doute en Aout 1951, d’une relation entre votre père Monsieur Le Fer de la Gervinais et ma mère Madame Ginette G.née Kopenhague

Nos parents légitimes habitaient à l’époque au 12 rue de Général de Gaule à Dinan.

Le père qui m’a reconnue comme fille travaillait comme employé SNCF à la gare de Dinan et était souvent en déplacement à Paris.

Votre père, noble ruiné nous a indiqué notre mère, venait livrer du lait et autres produits de la ferme aux familles proches de Lanvallay.

Ma mère, déjà mère de quatre enfants a ainsi rencontré votre père quand il venait lui vendre du lait

Ma mère était une jeune et très belle femme, proche sans doute de votre âge à l’époque: 26 ans.

Suite à une rencontre fortuite, avec vous ou votre sœur, devant la devanture d’un magasin de chaussures à Dinan, ma mère nous a révélé le secret de notre filiation paternelle. Nous avions l’âge de 7 ou 8 ans.

Ma mère vous a désigné, en nous dévoilant que vous étiez notre demi sœur et fille comme nous de Monsieur Le Fer De la Gervinais

Difficile de croire à une telle révélation à cet âge. Notre mère nous a parlé des circonstances de notre conception, justifiant l’adultère par la gentillesse de votre père qui l’a séduite et lui donnait du lait gratuitement pour nourrir ses enfants

Par la suite Nous sommes régulièrement allées à la messe dans une chapelle de la caserne militaire Beaumanoir, parce que votre père s’y rendait et que nous pouvions le voir entouré de votre famille..

Je me souviens d’un homme très âgé, élégant, avec bottes et pantalons de cheval beige.

Il nous avait offert un petit vêtement de laine après notre naissance que nous portons sur une photo. Il avait également donné à ma mère, une aquarelle représentant le château de Grillemont

Pendant un certain temps, votre père a continué à livrer du lait et est venu voir ma mère dans la cité HLM de rue Beaumanoir où nous avions déménagé après notre naissance.

Ma sœur ainée se souvient avoir joué dans le parc de château de Grillemont et l’avoir vu quand il venait, rue du général de Gaule. Elle avait cinq ans et demi.

Une grande amie de ma mère, toujours vivante, nous a également affirmé qu’elle était dans la confidence, et savait que l’homme qui venait voir ma mère dans la cité HLM, était un châtelain du nom De la Gervinais.

Nous sommes également allées avec ma mère à son enterrement et sur sa tombe en 1963 je crois.

 

Il vous plait sans doute de croire que ma mère nous a raconté des histoires ou des « conneries » comme vous me l’avez dit.

Peu importe que vous me croyez ou non, je sais que ma mère nous a dit la vérité, même si cette vérité heurte l’image que vous avez du couple de vos parents et est difficilement entendable par vous.

Ma mère n’avait aucune raison d’inventer une histoire pareille et n’a jamais chercher à importuner votre famille ou votre père C’est une histoire banale de nos jours mais je peux comprendre qu’elle soit dérangeante pour vous

La démarche de ma sœur jumelle Chantal, il y a 5ou 6 ans, de venir vous voir était en lien avec son questionnement et son désir de savoir à qui elle ressemblait.

J’ai eu personnellement la chance de beaucoup ressembler à ma mère, alors que ma sœur jumelle ne me ressemblait pas, ni à aucun autre d’entre nous. (Nous sommes des jumelles hétérozygotes)

Elle souhaitait seulement avoir une photo de votre père.

Vous l’avez jetée, comme vous avez jeté son fils unique, il y a presque un an, quand il venu, en mémoire de sa mère décédée, faire cette même démarche.

Avec beaucoup d’ « amabilité » vous m’avez à moi même lancé « que c’était très bien, qu’elle n’avait plus de soucis puisse qu’elle était morte »

 

Comme beaucoup de jumeaux nous étions ma sœur et moi très proches, tant sur le plan affectif que par ce secret sur nos origines. La question de ma sœur et sa quête sur nos origines est devenue la mienne.

 

Peut être allez vous jeter cette missive sans même prendre le temps de la lire.

Dans ce cas, cette dernière tentative d’avoir une photo de notre  père biologique restera vaine.

 

lettre restée sans réponse à ce jour