Qu’est ce qui me prend de lancer de tels pavés dans la mare ?’

Qu’est ce qui me prend d’ouvrir en grand les placards et d’en retirer ce qui y était précieusement et silencieusement caché.

Le besoin de dire et d’exposer au regard de tous ,le fameux secret, dire les Noms , dire que le droit de cuissage dans les fameuses familles « nobles » existait encore en 1952 .

Aujourd'hui les principaux acteurs sont morts , plus rien ne peut venir me péter au visage

Ma façon d’affirmer que j’existe dans cette histoire là, m’auto- reconnaître puis que je ne l’ai pas été.

Depuis le décès de Toune, j’ai le sentiment d’être en sursis , de prendre du « rab »mais que ça ne va pas durer.

J’ai fait le choix de demander mon départ en retraite même si je n’avais pas toutes mes annuités et subit donc cette fameuse décote qui écorne sacrément la rente mensuelle.  

J’ai été de toutes les manifs contre cette réforme dont l’objectif était bien de réduire les pensions

J’ai affirmé que je voulais laisser ma place aux jeunes (ce que je pense réellement) mais je ne supportais surtout plus d’endosser mon rôle social , faire semblant d’aller bien et d’être encore disponible pour les autres

 

Depuis, je m’active tant et plus dans la maison qui s’est agrandie et se transforme petit à petit en une nouvelle maison.

 

là aussi, le sentiment d’urgence m’assaille comme si le temps m’était compté, que bientôt je ne pourrais plus monter et descendre de mon escabeau pour repeindre les plafonds, enduire les murs à la chaux.

La fin de Toune est venue donner une limite à ma propre existence.

Très régulièrement le manque de sa présence m’envahis et me met à terre.

Punaise, il a fallu qu’elle me quitte pour que je prenne conscience de la force de ce lien gémellaire .

Pour moi, pour elle , j’écris, je crie que nous sommes les filles DE…